Quelle est la prise en charge de l’augmentation mammaire ?

Publié le 19/08/2026 .

Chirurgie du Sein

Beaucoup de femmes renoncent même à poser la question, persuadées qu’une augmentation mammaire relève forcément de l’esthétique et restera donc entièrement à leur charge. La réalité est plus nuancée : dans certaines situations médicales bien précises, un remboursement existe bel et bien.
Encore faut-il connaître les conditions, et une démarche que peu de patientes maîtrisent.

Les conditions d’une prise en charge de l'augmentation mammaire | Dr Sarfati

En résumé

Seule une augmentation mammaire à finalité réparatrice peut être remboursée : agénésie, hypoplasie sévère, asymétrie majeure, malformation ou reconstruction après cancer.
La démarche passe par un accord préalable de la CPAM.

La prise en charge reste partielle et exclut notamment les dépassements d’honoraires. Une consultation spécialisée permet de vérifier l’éligibilité et d’anticiper le reste à charge.

Augmentation mammaire esthétique ou réparatrice : ce qui change pour le remboursement

Avant d’envisager une augmentation mammaire à Paris, il est essentiel de distinguer deux cadres très différents.

Lorsque l’intervention vise uniquement à modifier le volume ou la forme des seins pour des raisons esthétiques, elle n’est pas prise en charge par la Sécurité sociale. La mutuelle ne rembourse alors rien non plus, puisqu’elle intervient en complément de l’Assurance Maladie.
À l’inverse, lorsque la chirurgie répond à une finalité réparatrice, comme corriger une malformation ou reconstruire un sein, une prise en charge devient envisageable.

Le Dr Benjamin Sarfati, chirurgien plasticien spécialisé en chirurgie mammaire, évalue cette distinction dès la première consultation afin de déterminer si votre situation relève du champ réparateur ou purement esthétique.

Dans quels cas l’augmentation mammaire est-elle prise en charge ?

Les situations ouvrant droit à un remboursement restent rares et strictement encadrées. Elles concernent essentiellement les chirurgies réparatrices, lorsqu’il existe une véritable anomalie du développement mammaire.

Une prise en charge peut ainsi être étudiée en présence :

Avoir une petite poitrine ne suffit donc pas : c’est le caractère malformatif, médicalement confirmé, qui conditionne l’éligibilité.

La demande d’accord préalable : déroulement et délais

Lorsque le chirurgien estime que votre cas relève de la chirurgie réparatrice, la prise en charge passe par une demande d’accord préalable (anciennement « entente préalable »).
Concrètement, le praticien complète un formulaire mentionnant l’acte, son code CCAM et le motif médical, souvent accompagné de photographies et de comptes-rendus. Vous adressez ce dossier au médecin-conseil de votre CPAM, de préférence en recommandé avec accusé de réception.

L’Assurance Maladie dispose alors de quinze jours pour se prononcer : en l’absence de réponse dans ce délai, l’accord est réputé acquis.
Un point important : cette demande est nominative. Elle n’est valable que pour le chirurgien qui l’a établie ; changer de praticien impose de recommencer la procédure.

Le médecin-conseil peut, dans certains cas, convoquer la patiente pour un examen avant de décider.

Que rembourse concrètement l’Assurance Maladie ?

En cas d’accord, le remboursement ne couvre jamais l’intégralité des frais.

L’Assurance Maladie prend en charge, sur la base d’un tarif de convention :

  • les frais d’hospitalisation et de bloc opératoire ;
  • les éventuels implants mammaires ;
  • les examens réalisés avant et après l’intervention.

En revanche, restent à votre charge les dépassements d’honoraires du chirurgien et de l’anesthésiste, ainsi que la brassière de contention postopératoire.

Selon votre contrat, une mutuelle peut compléter tout ou partie de ces montants. Il est donc vivement conseillé de demander un devis détaillé en consultation et de vérifier vos garanties avant l’intervention, afin d’anticiper le reste à charge réel.

À noter que la réduction mammaire obéit à une règle distincte : dès lors qu’au moins 300 g sont retirés par sein, sa prise en charge est automatique.

Pourquoi faire évaluer son éligibilité par un chirurgien spécialisé ?

Déterminer si une augmentation mammaire peut être remboursée relève d’une appréciation médicale rigoureuse. Les critères de l’Assurance Maladie sont précis, et seul un examen clinique permet de qualifier une malformation, de mesurer une asymétrie ou d’évaluer le volume glandulaire.

À Paris, le Dr Benjamin Sarfati consacre une part importante de son activité à la chirurgie mammaire réparatrice et reconstructrice, notamment au sein de l’Institut Gustave Roussy.
Cette double expertise, esthétique et reconstructrice, lui permet d’orienter chaque patiente vers la solution la plus adaptée et, lorsque la situation le justifie, de constituer un dossier d’accord préalable conforme aux exigences de la CPAM.

La consultation initiale est l’occasion de poser un diagnostic précis, d’expliquer les démarches et de remettre un devis transparent.

En conclusion

L’augmentation mammaire à visée esthétique n’est pas remboursée, mais certaines indications réparatrices (agénésie, hypoplasie sévère, asymétrie majeure, malformations ou reconstruction après cancer) peuvent l’être, après accord préalable de l’Assurance Maladie.
La prise en charge demeure partielle et laisse toujours des frais à votre charge.

Une consultation spécialisée reste la meilleure façon d’évaluer votre éligibilité et d’anticiper le budget réel de l’intervention.

Sources

  • Assurance Maladie
    • Chirurgie esthétique et réparatrice : conditions de prise en charge et demande d’accord préalable
    • Classification Commune des Actes Médicaux (CCAM) et bases de remboursement
  • Service-Public.fr
    • Prise en charge des actes de chirurgie esthétique et réparatrice

FAQ

L’augmentation mammaire est-elle remboursée par la Sécurité sociale ?

Non, lorsqu’elle est purement esthétique. Un remboursement partiel est possible uniquement dans un cadre réparateur : agénésie, hypoplasie sévère, asymétrie majeure, malformation ou reconstruction après cancer, après accord préalable de l’Assurance Maladie.

Qu’est-ce qu’une demande d’accord préalable ?

C’est un formulaire rempli par le chirurgien, précisant l’acte, son code CCAM et le motif médical. Adressé au médecin-conseil de la CPAM, il permet de valider la prise en charge avant l’intervention. Le silence sous 15 jours vaut accord.

Une petite poitrine suffit-elle pour obtenir un remboursement ?

Non. Avoir une petite poitrine n’est pas un critère suffisant. La prise en charge suppose une véritable anomalie médicalement constatée, comme une hypoplasie sévère ne remplissant pas un bonnet A ou une malformation caractérisée.

Que reste-t-il à ma charge si l’intervention est prise en charge ?

Même en cas d’accord, restent à votre charge les dépassements d’honoraires du chirurgien et de l’anesthésiste, ainsi que la brassière de contention. Une mutuelle peut, selon le contrat, en rembourser tout ou partie.

La réduction mammaire est-elle prise en charge comme l’augmentation ?

Non, les règles diffèrent. La réduction mammaire pour hypertrophie avérée est prise en charge automatiquement dès lors qu’au moins 300 grammes de glande sont retirés par sein, sans demande d’accord préalable.

dr Benjamin Sarfati

ARTICLE RÉDIGÉ PAR DR. BENJAMIN SARFATI

Spécialiste en chirurgie du sein et chirurgie intime

  • Praticien Spécialiste des Centres de Lutte Contre le Cancer, Gustave Roussy.
  • Membre de l’Institut du Sein Henri Hartmann
  • Fondateur du Centre de Chirurgie de la Femme.
  • Fondateur du congrès international « Paris Breast Rendez-Vous. »
  • Membre du comité scientifique d’association de patientes (Europa Donna, BRCA France.)