En résumé
La technique Preservé® prépare la loge de l’implant par hydrodissection et dilatation au ballonnet, sans sectionner les ligaments de soutien du sein. L’implant est posé au-dessus du muscle pectoral, dans une loge volontairement étroite qui limite les déplacements.
Une série de 330 patientes rapporte 0,9 % de complications à 18 mois, avec un niveau de preuve modeste.
La méthode contraint le dimensionnement de la prothèse (largeur, volume, incision) et impose une couverture tissulaire suffisante. Elle ne dispense ni de la carte d’implant, ni du registre national, ni du suivi.
Ce que « préserver les tissus » change pour l’implant
Choisir des prothèses mammaires à Paris selon la méthode Preservé® revient d’abord à modifier la façon dont on prépare leur logement. Plutôt qu’un décollement aux ciseaux, le chirurgien injecte une solution qui sépare la glande du fascia du muscle pectoral, crée un canal étroit, puis le dilate à l’aide d’un ballonnet gonflable calibré sur l’implant retenu.
Les structures de soutien du sein, système fascial superficiel, ligament circum-mammaire, ligaments de Cooper, sont étirées plutôt que sectionnées.
Le Dr Benjamin Sarfati, chirurgien plasticien installé dans le 17e arrondissement de Paris, propose cette approche parmi ses techniques d’augmentation mammaire avec implant. La conséquence est avant tout mécanique : la loge épouse la prothèse au lieu de la laisser flotter dans un espace surdimensionné, et l’enveloppe naturelle du sein continue d’assurer une part du maintien.
Le plan pré-pectoral, ou pourquoi la position compte autant que le volume
L’implant est déposé au-dessus du muscle grand pectoral, directement sur son fascia. Il échappe ainsi aux contractions musculaires qui, dans les montages rétro-musculaires, peuvent déformer le sein à l’effort et élargir progressivement la loge au fil des années.
Cette position a longtemps été jugée risquée pour les implants à surface lisse, réputés plus mobiles que les modèles texturés.
La réponse tient ici à l’étroitesse de la loge : sous-dimensionnée d’environ un centimètre par rapport à la base mammaire, elle contraint l’implant et limite le risque de malposition de prothèses.
En contrepartie, elle exige une couverture tissulaire suffisante. Une épaisseur de peau et de graisse inférieure à deux centimètres au pôle supérieur oriente plutôt vers un plan rétro-musculaire, ou vers un complément par lipofilling mammaire.
Ce que montrent les données publiées, et ce qu’elles ne montrent pas
Une étude observationnelle parue dans l’Aesthetic Surgery Journal en 2026 a suivi 330 patientes opérées entre décembre 2022 et juin 2025 selon ce protocole. Avec un recul moyen de 18 mois, le taux global de complications s’établit à 0,9 %.
Le détail mérite d’être lu :
- aucun sérome, aucune infection, aucune désunion de cicatrice
- aucune contracture capsulaire de grade Baker III ou IV, aucune latéralisation ni malposition inférieure
- 0,6 % d’implants ascensionnés et 0,9 % de plis visibles sous la peau
Les auteurs posent eux-mêmes deux réserves utiles. Leur taux de complications était déjà bas avant l’adoption de la méthode, et le recul reste court : le traitement d’une coque sur une prothèse mammaire concerne souvent des délais plus longs.
Le niveau de preuve est celui d’une série de cas, non d’un essai comparatif.
Un implant dimensionné sur l’anatomie, pas sur un catalogue
La logique de préservation impose ses propres contraintes de choix, et c’est peut-être son apport le plus concret. La largeur de l’implant ne doit pas dépasser celle du sein diminuée d’un centimètre, soit une base d’environ 10 à 12 centimètres, correspondant au diamètre du ligament circum-mammaire.
Dans la série publiée, les volumes s’échelonnaient de 95 à 475 cc, pour une moyenne de 300 cc. La longueur de l’incision suit elle aussi une règle simple, environ un centimètre pour 100 cc, ce qui situe la cicatrice du sillon sous-mammaire entre 2,5 et 3,5 centimètres.
Une patiente souhaitant un gain très important sort de ce cadre et relève d’une autre stratégie : le procédé Mia®, plus limité en volume, ou une pose de prothèses mammaires selon un montage classique répondent à des demandes différentes.
Ce que la technique ne dispense jamais : traçabilité et surveillance
Aucune méthode de pose ne change le statut de l’implant : il s’agit d’un dispositif médical, dont la durée de vie est limitée et le suivi encadré. Depuis l’arrêté du 8 mars 2024, chaque établissement doit enregistrer toute pose, reprise ou retrait dans un registre national.
La patiente repart avec sa carte d’implant, à conserver durablement.
L’ANSM, qui a retiré du marché les implants macrotexturés et en polyuréthane en avril 2019, recensait 121 cas de lymphome anaplasique à grandes cellules au 31 décembre 2024, sur environ 1 180 000 implants vendus depuis 2007 : un événement rare, qui justifie néanmoins une consultation devant tout gonflement, douleur ou masse.
En 2024, 82 600 implants ont été vendus en France. Un changement de prothèses mammaires reste à anticiper dès la première consultation, à Paris comme ailleurs.
En conclusion
La technique Preservé® n’améliore pas d’abord le confort : elle change la géométrie de la loge et, avec elle, les conditions de stabilité de la prothèse. Les résultats à 18 mois sont encourageants, sans constituer un blanc-seing.
Le bénéfice dépend d’une sélection anatomique rigoureuse, d’un implant dimensionné au millimètre et d’un suivi régulier.
C’est ce triptyque, plus que la méthode seule, qui construit un résultat durable.
Sources
La technique Preservé® convient-elle à toutes les patientes ?
Non. Elle suppose des structures de soutien intactes et une couverture tissulaire suffisante. Une peau très distendue, un amaigrissement important ou un pôle supérieur inférieur à deux centimètres d’épaisseur orientent vers une autre technique.
Quel volume d’implant peut-on poser avec cette méthode ?
Dans la série publiée, les volumes allaient de 95 à 475 cc, avec une moyenne de 300 cc. La limite réelle n’est pas le volume mais la largeur de l’implant, qui doit rester inférieure d’un centimètre à la base du sein.
La cicatrice est-elle plus petite qu’avec une technique classique ?
Elle mesure généralement 2,5 à 3,5 centimètres, placée dans le sillon sous-mammaire. Sa longueur dépend du volume de l’implant, selon une règle d’environ un centimètre pour 100 cc.
Cette technique réduit-elle le risque de coque ?
Les données disponibles ne rapportent aucune contracture de grade Baker III ou IV à 18 mois de recul moyen. Les auteurs précisent toutefois que ce recul est trop court pour conclure et qu’aucune comparaison directe n’a été menée.
Faut-il quand même une surveillance après la pose ?
Oui. La carte d’implant se conserve, la pose est enregistrée dans un registre national depuis 2024, et un suivi clinique régulier reste recommandé. Toute douleur, gonflement ou masse impose une consultation.